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samedi, 23 décembre 2006

A l'origine

Une maison, des portes qui claquent. Un grand jardin et du monde... Toujours du monde qui rentre, qui sort, qui passe. Au milieu de tout ça mon regard de "petite dernière". C'est quoi cette drôle de famille ? Pourquoi on est si nombreux ? qui suis-je dans tout ce lot ?

Peut-être que cette nouvelle catégorie de mon blog m'aidera à revenir dans le passé, à retrouver des souvenirs, à remonter le fil du temps. J'ai, consciemment ou non, rejeté le passé très loin, au point de n'avoir pas de souvenirs précis. Juste quelques flashes. Au point d'avoir tout jeté aux oubliettes, comme par honte. Malgré tout je n'ai pas eu une enfance malheureuse, loin de là. Alors pourquoi ce déni du passé ? Pourquoi cette volonté farouche de laisser les photos écornées le plus loin possible de moi ?

C'est comme si ma famille était un poids.

Comme si mon étiquette de 14ème était une tare.

On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille. Pourtant elle fait partie de moi comme je fais partie d'elle. Je n'ai pas choisi de naître. J'en ai longtemps voulu à mes parents de cette décision. Il serait peut-être temps d'apprivoiser le passé et de l'intégrer à ce que je suis, aujourd'hui. Remettre les choses à leur place et tenter le flashback de façon impartiale.

 

à suivre...

19:33 Publié dans Souvenirs lointains | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : blog

lundi, 18 décembre 2006

Détour dans le futur

medium_211642.jpgIls sont là, dans leurs fauteuils, résignés. A attendre quoi ? Juste que la grande faucheuse les attrappe. A l'espérer parfois.
Elle ouvre sa porte. Je vois une main tremblottante qui tente d'atteindre je ne sais quoi. J'hésite. Je reste là, le coeur serré. Proposer mon aide ? rester là, à jouer les indifférentes ? J'entends son pas hésitant. J'ai peur qu'elle ne tombe. Je finis par entrer dans sa chambre tout en mesurant que je pénètre sans son avis son chez-soi.

Comment tient-elle sur ses jambes si fragiles et si fines ? Je la guide et la porte jusque dans son fauteuil roulant. Elle murmure des choses incompréhensibles. J'entends juste "merci, c'est dur vous savez, tellement dur !". Mon coeur se serre. Je suis démunie. Je me sens idiote, inutile, impuissante.

Plus tard, elle sort de sa chambre à nouveau. Pas à pas elle suit le couloir. Je la laisse faire même si j'ai peur. Peur qu'il ne lui arrive quelquechose et que je sois seule là, à ne savoir que faire.

Je l'ai presque oubliée quand j'entends un choc sourd. J'accours. Elle est tombée. C'était sûr. Je la relève, la rassure. Elle a l'air d'aller... Je la ramène dans sa chambre et l'allonge sur son lit.

J'éteins la lumière.

Elle va dormir.

Et je m'enfuis.

C'est impossible pour moi, de rester là plus longtemps. J'étouffe, j'ai mal et je ne supporte pas ce malaise. Ni l'idée de ma propre mère, la seule qui sorte et que j'attends ; la seule qui marche, gambade et qui doit supporter ça, tous les jours.

ça

Le reflet de l'humain qui décline, se fripe, se ratatine. Perd la tête, perd ses forces jusqu'au bout. Comment se projeter dans cet avenir là ? Comment ne pas affronter sa propre fin, sa propre déchéance. Comment supporter l'idée qu'un jour se sera elle... Comment gérer cette angoisse. Comment vivre tous les jours en attendant la mort, en l'espérant ?

et un jour ce sera moi...